Digesteur ou déshydrateur ?

Micro-organismes ou déshydratation ? Telle est la question. Il existe aujourd’hui deux grandes techniques pour traiter sur site les déchets organiques. Et vous, vous voulez savoir : entre la « digestion » par des micro-organismes et le processus d’assèchement de la matière, y a-t-il vraiment une différence ? Coût, efficacité, facilité de mise en place : nous comparons pour vous les deux méthodes.

Un peu d’histoire

Ce qu’il faut rappeler tout d’abord, c’est que les deux techniques de revalorisation ne datent pas d’hier : elles ont été mises au point il y a une quinzaine d’années. Nous avons donc le recul nécessaire pour émettre un avis éclairé sur leurs avantages et leurs inconvénients. Un point intéressant : c’est en Corée que les deux techniques ont été largement développées. Le pays a l’une des législations les plus restrictives en matière de gestion des déchets : il était donc destiné à prendre les devants !

Le traitement des biodéchets par le biais de micro-organismes et la solution de la déshydratation ne manquent pas de points communs. Les deux techniques sont notamment facilement implantables, directement sur les lieux de production des déchets,  pour un fonctionnement in situ.

Alors, comment se décider ? 

Vous vous dites : si l’idée est de jouer la carte du bio, de l’écolo, alors autant aller jusqu’au bout de l’idée. En choisissant de travailler avec des micro-organismes, on reste dans une connexion plus directe avec les cycles de la nature. Retenir cette solution, cela peut sembler cohérent et logique par rapport à la déshydratation … Pas si simple !

Le Digesteur : comment ça marche ?

Le traitement des biodéchets par le biais de micro-organismes est relativement simple. Il s’agit de faire digérer les déchets organiques par des bactéries dans une enceinte aérobie, sous humidité et température contrôlées, avec brassage permanent. Le processus complet dure 24 heures environ. MAIS … introduire des bactéries dans une cuisine, ce n’est pas l’idéal !

Le Déshydrateur : comment ça marche ?

Valoriser vos déchets alimentaires

Machine de déshydratation

Traiter les déchets organiques par déshydratation n’est pas plus compliqué. On ne procède ni plus ni moins qu’à une opération thermique basique : une évaporation de l’eau contenue par les déchets. Le traitement se fait dans une cuve close et étanche, avec brassage permanent. En perdant son humidité, la matière devient friable et finit par se réduire en poudre. L’apport de chaleur est fait de manière indirecte, en installant une paroi remplie d’huile thermique autour de la cuve ! Aucun souci à avoir donc avec ce process en terme de bactéries !

Les avantages de la « déshydratation » par rapport à la « digestion bactériologique » 

Avec une machine de processus thermique, un cycle de traitement complet prend moins de temps que si l’on a recours à des micro-organismes : en effet, un cycle ne dure pas plus de 20 heures, au grand maximum. Mais, et c’est très intéressant de le noter, un cycle peut très bien ne pas dépasser 8 petites heures (contre une moyenne de 24 heures avec un traitement par micro-organismes, on le rappelle). La durée dépend tout simplement du taux d’humidité des déchets, et de la quantité qu’on insère dans la machine, bien sûr !

Au-delà du gain en termes de temps, la technique thermique a d’autres grands avantages. Si les machines sont sans rejets dans l’environnement, du fait qu’elles sont étanches, vous êtes aussi à l’abri des mauvaises odeurs : les cuves sont en légère dépression, avec une pompe à vapeur qui aspire. Résultat : zéro effluves qui filtrent vers l’extérieur ! Et si vous souhaitez « stocker » vos déchets organiques dans la machine, avant de pouvoir lancer un cycle, vous n’aurez pas plus de problèmes : la cuve est parfaitement étanche, vous ne serez donc gênés par aucune odeur nauséabonde dans vos espaces de travail. Vous pouvez malgré tout insérer toutes, oui, toutes les matières organiques possibles (os, arêtes ou têtes de poisson comprises). Et si par mégarde vous venez à insérer un élément qui ne devrait pas se trouver dans la machine (un bout de plastique qui vous a échappé, une cuiller qui se glisse dans les restes), aucun souci : la machine accepte les erreurs et vous pourrez récupérer les éléments indésirables au tamis. Et les éléments désirables aussi. Sait-on jamais, si vous oubliez une cuiller en argent sous une feuille de salade…

Avec le traitement par micro-organismes, on n’est pas tout à fait dans le même univers. Même si ce qui est proposé est une composition large de bactéries, pour pouvoir dégrader le maximum de particules organiques, beaucoup de déchets ne ressortent de la machine que partiellement dégradés… ou alors pas du tout. Il faut savoir que le panel de bactéries initial a été pensé sur la base des habitudes alimentaires asiatiques, ce qui rend le procédé par micro-organismes moins efficace pour nos propres besoins, en Europe…

La conclusion s’impose : il est préférable de déshydrater les déchets pour en faire de l’engrais

Le bilan n’est pas très compliqué à faire. La solution du traitement par déshydratation, c’est la solution de la simplicité et des automatismes. Nul besoin de vérifier régulièrement les variations de température, pas plus le contenu des assiettes qui finiront dans la machine. Oui, mais ce qui importe, direz-vous, c’est le résultat final. Et vous avez raison. Avec un traitement par micro-organismes, c’est un résultat qui ressemble au compost que vous récupérez. Il présente une faible qualité agronomique et ne peut se voir appliquer le nom précis de compost, si l’on respecte la définition et les normes en vigueur. Eh oui, les bactéries ont « mangé » une grande partie des nutriments. Avec le traitement thermique, vous récupérez une poudre qui, une fois passée au tamis et enrichie en craie, vous donne un substrat au pouvoir fertilisant 30 fois supérieur à celui du compost classique, tout en correspondant à la norme des engrais organo-minéraux NFU 42-001.

Alors, encore des doutes ?