Quand collèges et lycées adoptent une attitude 100 % intelligente et responsable face aux déchets alimentaires (1/2)

Petit à petit, les établissements scolaires de France se plient à l’obligation de valorisation des biodéchets issus de leurs cantines. À Neuilly, la Cité scolaire Pasteur semble bien décidée à ne pas limiter son engagement au simple respect des normes en vigueur : ici, c’est bel et bien une stratégie complète et volontaire de lutte contre le non-sens du gaspillage alimentaire qui est en passe d’être déployée.

 

Elle bénéficiait d’ores et déjà – et depuis longtemps – d’une belle réputation sur la carte scolaire. Elle semble désormais bien engagée sur les chemins du succès en matière d’éco-responsabilité et d’exemplarité sur les questions de Développement durable. La Cité scolaire Pasteur, qui gère au quotidien quelque 1200 collégiens et lycéens en demi-pension, soit 1200 couverts à assurer tous les midis, a installé dans ses locaux une machine Geb 100, qui procède à la déshydratation de tous les restes alimentaires pour les transformer directement en substrat.

Des élèves impliqués directement dans la grande chaîne du tri

La machine de Geb Solutions tourne une fois par jour, à chaque fin de service, depuis le 18 janvier dernier. Comment est opéré le remplissage de la machine ? Dans les cuisines, les équipes aux fourneaux n’ont pas beaucoup changé leurs habitudes : ils continuent, comme avant l’arrivée de la machine, à collecter les résidus issus de la préparation des repas dans des bacs de récupération prévus à cet effet.

C’est en salle que s’est opérée la petite révolution. Là où de nombreux établissements choisissent de laisser les agents maîtres du tri, à Pasteur, ce sont les élèves qui sont acteurs. Monique Aquilina, proviseure de la Cité scolaire, n’a pas hésité : pour elle, il était primordial de faire participer directement les jeunes aux opérations de tri. L’école joue à plein son rôle éducatif, en formant des citoyens qui intègrent, par l’action concrète, la conscience verte. « Il nous a été proposé de gérer la récupération des biodéchets en cuisine. Les demi-pensionnaires auraient simplement rassemblé les restes de leur repas dans un coin de leur assiette. J’ai souhaité que tout le monde soit actif : c’est chaque élève qui se trouve lui-même responsable de la séparation des biodéchets, face aux tables de tri installées dans le réfectoire. »

Et, lorsque l’on constate les résultats sur place, moins de deux semaines après l’installation de l’équipement complet, on ne peut être qu’étonné : des élèves de sixième aux jeunes adultes de classes préparatoires, en passant par les lycéens aux portes du baccalauréat, tous semblent s’être adaptés en un temps record aux nouvelles pratiques. Les agents en poste à côté des tables de tri peuvent, à l’occasion, aider les adolescents à déverser leurs biodéchets dans le bon bac. Mais, en règle générale, les codes semblent parfaitement intégrés. Le mouvement est fluide, le geste est rapide, et les erreurs de tri d’ores et déjà peu fréquentes. La campagne d’affichage et la distribution de fascicules explicatifs, aux élèves et aux parents, semblent avoir porté leurs fruits.