Un projet environnemental évident pour les équipes de l’hôpital privé La Châtaigneraie

Il s’agit du premier établissement de santé de la région Auvergne à avoir adopté cette solution novatrice : dès 2015, l’Hôpital privé La Châtaigneraie, situé à Beaumont, près de Clermont-Ferrand, a choisi d’installer un déshydrateur de biodéchets Geb Solutions dans ses locaux, pour mettre un terme au non-sens du transport de déchets organiques fortement chargés en eau.

BERNADETTE GUITARD, DIRECTRICE DE L’HÔPITAL PRIVÉ LA CHÂTAIGNERAIE , CÉLINE DUMONT, RESPONSABLE QUALITÉ, ET PHILIPPE DELCHET, RESPONSABLE TECHNIQUE, ONT RÉPONDU À NOS QUESTIONS SUR LE CHOIX ET LA PORTÉE DE CETTE SOLUTION.

 

> Comment a émergé la double décision de traiter vos biodéchets in situ, d’une part, et de procéder par déshydratation, d’autre part ? Pourquoi ne pas avoir retenu une autre méthode ?

Bernadette Girard : L’Hôpital privé La Châtaigneraie gère, au quotidien, 550 couverts en moyenne. Entrent bien évidemment en compte les plateaux présentés aux patients – la clinique est munie de 291 lits – mais aussi les repas
du et au personnel. Face aux nouvelles obligations du cadre législatif concernant le traitement des biodéchets, il était important pour nous de faire évoluer notre mode de fonctionnement.
Philippe Delchet : A été envisagée la solution de stockage des biodéchets, afin de réduire au maximum la fréquence d’enlèvement de ces déchets bien particuliers. Il aurait été possible de limiter le ramassage des ordures organiques à deux fois par semaine. Mais cela impliquait la construction d’une chambre froide, afin de ne pas être gênés par les odeurs et le développement de nuisibles.
Bernadette Girard : Or, la construction d’une chambre froide représentait un coût non négligeable, ainsi qu’un besoin de place auquel nous ne pouvions pas répondre. Nous avons donc opté pour la location d’une machine Geb 100, que nous faisons fonctionner depuis 2015.

> Vous évoquez le problème de construction d’un espace dédié dans le cas du stockage de biodéchets. Qu’en est-il pour le déshydrateur : où avez-vous choisi de l’installer ?

P.D. : La machine Geb est installée en extérieur, sur le même palier que les cuisines, à une centaine de mètres à peine de ce centre névralgique d’où émanent de nombreux résidus alimentaires. Le déshydrateur est abrité par un appentis qui était pré-existant.
B.G. : En d’autres termes, nous n’avons procédé à aucun aménagement particulier pour l’installation de la machine Geb, alors qu’il aurait été nécessaire de réaliser des travaux si nous avions décidé de retenir la solution de stockage des biodéchets.
P.D. : Par ailleurs, l’installation de la machine en elle-même est d’une extrême simplicité : une prise électrique et une sortie d’eau suffisent pour faire fonctionner la machine. C’est donc une option avec des coûts de mise en place très minimes.
Concernant le fonctionnement et la manipulation de la machine, comment sont réparties les tâches ?
P.D. : Dans la pratique, ce sont les équipes des cuisines qui acheminent les 4 bidons de résidus organiques amassés chaque jour, depuis les cuisines jusqu’à la machine située à une centaine de mètres plus loin. Plusieurs agents de l’équipe logistique se relaient pour faire fonctionner la machine. Un cycle est lancé chaque jour vers 15H30.
Le processus est très simple : les bacs sont vidés dans la machine, il suffit d’appuyer sur un bouton et la machine s’arrête d’elle-même. Le lendemain matin, on récupère simplement le substrat organique issu de la déshydratation.

> Aucune « résistance » ne s’est manifestée face à l’ajout de ces étapes de travail ?

Céline Dumont : La machine fonctionne de façon si simple qu’il n’y a pas de vraie charge ou étape de travail supplémentaire. Nous n’avons pas eu besoin de mettre
en place une nouvelle organisation. La machine a été intégrée de façon fluide et naturelle dans les schémas de fonctionnement pré-existants. Nous avons bien sûr pris soin de sensibiliser toutes les équipes touchant de près ou de loin aux services de restauration. Nous avons notamment fait les rappels nécessaires auprès du personnel (en salle, en cuisine, …) concernant le tri à opérer ; nous avons aussi fait un travail auprès de notre partenaire Sodexo, pour transmettre l’état d’esprit général de la démarche.
B.G. : Le réflexe du tri des déchets était déjà très bien intégré au sein de l’établissement. Accepter de passer à l’étape supérieure, en quelque sorte, n’a posé aucun problème, à aucun niveau. Traiter nos biodéchets sur place, chez nous, simplement, entrait dans la logique des choses. Les patients eux-mêmes sont-ils conscients de l’effort opéré par l’hôpital sur la question des biodéchets ?
C.D. : Des affiches exposant la méthode et sa finalité ont été placées à la sortie du restaurant du personnel, mais elles ne sont pas reproduites dans les couloirs de la clinique à proprement parler. En revanche, tous les destinataires de notre journal interne sont au fait du choix que nous avons fait. Nous transmettons un retour réellement positif sur la solution de déshydratation des biodéchets.
B.G. : Au-delà de la dimension « action en faveur du Développement durable », ce choix de louer un déshydrateur et de traiter intelligemment ce que nous produisons en déchets organiques a valeur d’action citoyenne. La mairie de Beaumont – notre localité – a d’ailleurs été sensible à cet aspect et a communiqué sur notre démarche.

> Quel bilan chiffré tirez-vous de l’installation de la Geb 100 dans vos locaux ?

B.G. : Aujourd’hui, grâce à la machine Geb et au compactage des déchets, nous évacuons 10 bacs de déchets en moins par jour. Les enlèvements n’ont plus lieu tous les jours, mais 4 jours sur 7. Cela est loin d’être anodin: il s’agit tout d’abord d’un gain de place, mais aussi et surtout d’une économie sur le transfert des déchets. Il ne faut pas oublier que les bacs à déchets sont loués. L’impact sur les volumes se traduit donc en impact direct sur le bilan financier. Et c’est sans compter l’atteinte de l’ objectif environnemental, puisque moins de bacs évacués, ce sont moins de camions en circulation, et donc un impact positif en termes de bilan carbone.

> Ce choix du traitement éco-responsable des biodéchets rejoint-il d’autres actions significatives dans le cadre de l’établissement ?

C.D.B.G. : Au sein de l’établissement, les actions en Développement durable sont diversifiées : elles concernent la rénovation des fenêtres, l’étanchéité des toits, l’achat
de nouvelles centrales de traitement d’air, l’installation d’ampoules basse consommation, de mitigeurs pour limiter la consommation d’eau, l’utilisation d’appareils vapeur,
de centrales de dilution et de pré-imprégnation pour le bionettoyage.

Le déshydrateur en fin de cycle: 100 kg de déchets bruts sont transformés en 20 kg de poudre stabilisée, sèche et inodore.

 

 

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